Printemps 2008
Voici Morgan McConnell, gagnant du concours artistique de 2008 pour la Marche action sida et concepteur de la nouvelle étiquette de l’édition spéciale de la vodka Polar Ice
Par Tricia Diduch
Nous voulions vous présenter un artiste séropositif dont vous connaîtrez bientôt très bien le travail. Nous sommes fiers de vous présenter Morgan McConnell, gagnant du concours artistique pour la Marche action sida et concepteur de la nouvelle étiquette de l’édition spéciale de la vodka Polar Ice.
M. McConnell vit actuellement avec son mari Gordon en Colombie-Britannique et travaille comme concepteur graphique professionnel sous le pseudonyme dangerboy. Nous nous sommes entretenus avec lui pour découvrir son art, son travail et sa vie.
| Photo de Morgan McConnell avec la permission de David Ellingsen | The Nest (Le Nid) : L'oeuvre d'art pour la Marche action sida 2008 |
Lorsque vous avez créé les images pour la Marche action sida et l’étiquette de l'édition spéciale de la vodka Polar Ice, quels messages vouliez-vous transmettre sur le VIH/sida?
Pour l’étiquette de Polar Ice, le message est qu’au Canada, il est devenu très facile de gérer le VIH. Les personnes séropositives peuvent maintenant s’intégrer à la société et être presque invisibles. Ce n’est plus aussi évident qu’autrefois, mais nous sommes encore là. Dans un autobus, vous pouvez être entouré de trois ou quatre de ces personnes ou les croiser dans la rue sans le savoir, mais il est important d’en être conscient. Et parce que ce n’est pas aussi visible au Canada, ça ne veut pas dire que ce n’est pas un problème général.
La conception pour la Marche action sida est une variation de celle que j’ai présentée pour le projet de Polar Ice. Mon mari a eu les bases de l’idée. Ce n’est pas aussi prévisible, mais ça a une vie, un mouvement et un flot. La conception illustre qu’il faut prendre ce qui a été rejeté et se tourner vers l’espoir et la croissance.
Dans quel type de conception vous spécialisez-vous et pour qui travaillez-vous en général?
Je suis concepteur graphique pigiste. Je crée des sites Web, des images de marque, des stratégies de marque et du matériel imprimé, en général pour les petites entreprises, les musiciens, les photographes et certains groupes politiques. J’ai fait du travail de marketing en Australie, où j’ai vécu pendant un certain temps. J’essaie de travailler seulement pour les gens que je connais et que j'appuie.
Quels commentaires votre travail a-t-il suscité?
Je n'ai pas encore exposé beaucoup de travail lié au VIH. En général, mon travail est ouvert. J’essaie de m’éloigner du concret et de laisser les gens voir ce qu’ils veulent voir. Une grande partie de mon travail exprime la transformation, les contraires, la vie et la mort et la croissance. Dans l’ensemble, la réaction a été très positive, surtout au sujet de mes œuvres les plus récentes. J’ai montré mon travail à un grand nombre de membres de ma famille et d’amis ainsi qu’aux collègues et amis de mon mari et c’est fantastique.
Cela mis à part, c’est bien de faire quelque chose pour la collectivité de cette façon-là. Ce sont des œuvres pour les collectes de fonds, alors si elles me font connaître, tant mieux, mais dans l’ensemble, c’est une énorme campagne de sensibilisation à laquelle je suis fier de participer.
Pourquoi pensez-vous que l’art est une bonne façon de sensibiliser au VIH/sida?
Le public y a facilement accès. Les gens voient une œuvre d’art, comprennent à quoi elle sert puis y réagissent. S’ils se rendent compte qu’elle a un but précis, ils se disent « Oh! Ç’a un lien avec ça! », puis ils y pensent, ce qui entraîne une réaction en chaîne dans leur esprit. Ils songeront à ce qu’ils ressentent envers certaines choses et à leur niveau d’éducation et de sensibilisation. L’art est extrêmement efficace pour produire une réaction immédiate, pour capter l'attention de quelqu’un, beaucoup plus qu’un dépliant ou une campagne de publicité. Si c’est plus littéral, les gens ont tendance à ne pas en tenir compte, parce qu’ils sont constamment sollicités de toutes parts.
Qu’est-ce qui vous inspire?
Le monde qui m’entoure, les échanges sociaux que je vois et vis, les gens que je connais, et beaucoup la nature. Je préfère utiliser un arbre qu’un édifice ou un oiseau plutôt qu’une voiture dans mon travail. La complexité, la beauté et la simplicité de la nature sont extraordinairement habilitantes. Elles me rappellent et rappellent aux gens le monde qui les entoure. On a tendance à porter son attention à la vie urbaine et à négliger le monde naturel autour de nous. Il est important qu’il soit là et qu’on en soit conscient.
Est-ce que l’art est thérapeutique pour vous?
En général, je ne m’assois pas pour créer avec une question en tête. Le processus est inconscient et subconscient. On prend des éléments et des images qu’on a capté au fil des années, on les change, on les transforme, on les interprète, et quand le travail est fini, on prend un recul et on se dit « Hmmm, je me demande ce que ça veut dire. » Ça reflète ce qui se passe dans notre esprit.
J’aime beaucoup le processus de découverte de ce que les autres y voient. Mon mari en est un bon exemple. Je crée quelque chose et je pense savoir ce que ça signifie, puis il regarde et me fait « Tu pensais probablement à ceci, ceci et cela. » Il me rappelle un incident qui s’est produit quelques semaines auparavant et je me rends compte que mon œuvre a un sens plus profond. Ce n’est pas toujours une chose qu’on peut exprimer avec des mots. Le fait d’avoir beaucoup d’idées et de discussions différentes sur la même œuvre permet de l’étayer.
Quels conseils pouvez-vous offrir aux artistes en herbe?
N’arrêtez jamais, créez constamment, même si vous ne faites que griffonner dans les marges d’une page. Il est important de garder tout ça comme référence. J’ai conservé de petits exercices étranges que j’ai faits il y a des années, que je regarde, et même maintenant, j’y vois des choses dont je m’inspire.
Que pensez-vous des liens de votre travail avec les causes liées au VIH/sida?
Je me demande si j'étais prêt pour ça, mais honnêtement, plus j’y pense, plus je pense que ce n’est qu’un virus. Nous avons tout le temps des virus. C’est le fait que le VIH soit incurable qui en fait un stigmate. Il pourrait s’agir de la syphilis, qui peut être horrible, mais dont personne ne se soucie, que l'on contracte de la même façon. [...] Si je suis capable de dire aux gens qu’il ne s’agit que d’un virus et que ce n’est pas grave, ça permettra de changer la perception générale.
Je suppose que tout le monde a le même niveau de connaissances et de sensibilisation que moi, mais évidemment ce n’est pas le cas, parce que toute l’éducation vise ma communauté. [...] Si je réussis à contribuer au processus d’éducation, j’ai atteint mon but.
Gardez l’œil ouvert…
Bien que la campagne de l'édition spéciale de la vodka Polar Ice à l’appui de la Société canadienne du sida n’ait pas encore été lancée, surveillez les bouteilles à édition spéciale à votre succursale locale de la LCBO en Ontario dès le 16 juin et un peu plus tard aux succursales en Colombie Britannique et en Alberta. On versera 1.00$ par achat de vodka Polar Ice à la Société canadienne du sida.
Pour plus d'information, communiquez avec:
Tricia Diduch
Communications Consultant
Canadian AIDS Society
Toll-free: 1.800.499.1986 (130)
E-mail: triciad@cdnaids.ca
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