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Femmes et VIH/sida: Prévention


Questions clés:
  • L’éducation en matière de prévention sur le VIH-sida doit être axée sur les besoins et les problèmes situationnels des femmes. La société doit être informée des risques accrus des femmes face au VIH.
  • Il faut combler l’écart entre les pouvoirs sociaux, économiques et physiques des hommes et ceux des femmes afin que les femmes puissent être en mesure de négocier le recours au sécurisexe.
  • Les femmes ne devraient pas avoir honte de s’affirmer sur le plan sexuel.
  • Les utilisateurs de drogues par injection doivent avoir un accès accru à des seringues propres ou à des produits désinfectants.
  • Les femmes doivent avoir accès à des produits et à des substances contrôlées par les femmes afin de pouvoir se protéger elles-mêmes contre la maladie, sans que leur partenaire ait à y consentir ou à en être informé.
  • Les condoms féminins doivent être vendus à un prix plus raisonnable et doivent être plus accessibles.
  • Les femmes représentent le segment de la population chez qui l’on observe la hausse la plus marquée de cas d’infection au VIH. En 1999, les femmes représentaient 24 % de toutes les nouvelles infections au VIH, au Canada,1 et 46 % de toutes les nouvelles infections à l’échelle mondiale.2 Le taux d’infection augmente chaque année depuis le début des années 1990. Le taux des femmes atteintes du VIH étant en hausse croissante, les efforts en matière de prévention et d’éducation doivent être axés sur les femmes et leurs besoins spécifiques et situationnels.

    Transmission et prévention

    Les voies de transmission du VIH sont bien connues : relations vaginales ou anales non protégées avec un partenaire atteint du VIH ou partage de seringues avec une personne infectée.

    Les principales méthodes pour se protéger contre le VIH sont : l’utilisation d’un condom en latex lors des relations vaginales, anales ou orales et lors du partage d’accessoires sexuels de pénétration, et l’utilisation d’une digue dentaire ou d’un condom coupé dans le sens de la longueur lors de relations orales-vaginales ou/et orales-anales. Quant aux utilisateurs de drogues par injection, la meilleure protection consiste à utiliser une seringue stérilisée au moment de chaque injection. Si cela est impossible, il est recommandé de désinfecter les aiguilles avec de l’eau de javel avant de les partager.3

    Compte tenu des différences physiologiques et biologiques entre les femmes et les hommes, les femmes courent plus de risques de contracter le VIH. Les femmes sont plus vulnérables à l’infection, sur le plan physiologique, parce que la surface de muqueuse exposée au liquide séminal de leur partenaire est plus grande et que le liquide séminal demeure à l’intérieur du vagin plusieurs heures après la relation sexuelle. D’un point de vue biologique, les femmes courent davantage de risques de contracter le VIH si elles ont des relations non protégées au cours de leurs menstruations ou si elles ont des saignements durant la relation sexuelle. Les femmes sont également plus vulnérables à l’infection au VIH à cause d’autres infections telles que les infections vaginales, les ulcères génitaux, les verrues génitales (virus des papillomes humains) et la pelvipéritonite (ou atteinte inflammatoire pelvienne), la répercussion la plus courante des maladies transmises sexuellement (MTS). De nombreuses femmes ne présentant aucun des symptômes de MTS, celles-ci risquent de passer inaperçues et de ne pas être traitées, ce qui accroît la vulnérabilité au VIH.

    Comment négocier le recours au sécurisexe

    L’écart entre les pouvoirs sociaux, économiques et physiques des hommes et ceux des femmes compromet la sécurité dans les relations hétérosexuelles. La capacité des femmes de négocier le recours au sécurisexe peut entraîner des répercussions pouvant aller de l’ostracisme à la peur de la violence ou du rejet. Ces questions limitent fortement la capacité des femmes d’insister sur l’utilisation des condoms auprès de leurs partenaires. La violence est une réalité pour bon nombre de femmes qui ont été élevées dans un milieu où la violence et la consommation d’alcool étaient prévalant. La société désapprouve des femmes qui s’affirment sexuellement; les femmes sont souvent étiquetées ou on les pousse à avoir honte d’elles-mêmes. À cause de cette attitude, les femmes se sentent souvent incapables de négocier le recours à des pratiques sexuelles moins risquées. Dans certaines relations, particulièrement avec des partenaires de longue date, on a tendance à associer la non utilisation du condom avec la loyauté, la confiance ou l’amour.4

    Utilisation de drogues injectables et partage d’aiguilles

    L’injection de drogues est toujours associée à un risque. La méthode la plus efficace pour prévenir l’infection au VIH consiste à toujours utiliser une seringue propre (stérile). Si cela n’est pas possible, le fait de nettoyer l’aiguille avant de la partager peut contribuer à réduire les risques. L’utilisation de drogues par injection chez les femmes comporte un risque particulier de transmission du VIH. Une étude récente a démontré que les hommes ont plus souvent tendance à partager des aiguilles avec des inconnus que les femmes. Celles-ci ont tendance à partager leurs aiguilles avec les personnes avec lesquelles elles ont noué une relation d’intimité (amis proches et principaux partenaires sexuels). Par conséquent, la femme qui a une relation sexuelle non protégée ou qui partage des aiguilles avec un homme qui partage les siennes avec des étrangers court des risques accrus de contracter le VIH.5

    Méthodes de prévention contrôlées par les femmes

    L’utilisation du condom masculin requiert le consentement du partenaire masculin, car les femmes ne portent pas de condom masculin. Les condoms féminins ne sont pas encore très répandus et requièrent également le consentement du partenaire. Compte tenu de tous ces facteurs, les femmes courent plus de risques de contracter le VIH. Les femmes ont donc un urgent besoin de méthodes de prévention contrôlées par elles-mêmes. Elles doivent avoir accès à des produits qu’elles peuvent utiliser sans avoir à négocier le sécurisexe avec leurs partenaires. L’accès à tous ces produits et leur coût abordable sont d’une très grande importance.

    Le condom féminin

    Le condom féminin est un produit préventif qui vient récemment d’être mis sur le marché. Il s’agit d’une méthode efficace de prévention. Il peut être utile aux femmes dont le partenaire n’utilise pas ou ne veut pas utiliser le condom en latex. Le condom féminin est fait d’une pellicule de polyuréthane; il est résistant, pré-lubrifié et est destiné à un usage unique. Puisque le condom féminin, contrairement au condom masculin, n’est pas fait de latex, il peut être utilisé avec des gelées lubrifiantes à base d’huile comme les huiles à massage, l’huile pour bébés et la Vaseline. Les hommes disent que les condoms féminins donnent l’impression d’être plus « naturels » parce qu’ils permettent de sentir la chaleur du corps quand on les utilise. Parce qu’ils sont plus grands que les condoms masculins et qu’ils sont moins connus, certaines femmes ne se sentent pas à l’aise de les utiliser. Toutefois, des rapports indiquent que ces réticences ou problèmes diminuent à mesure que les personnes s’habituent à cet instrument. Le condom féminin étant visible à l’extérieur du vagin, il est impossible pour une femme de s’en servir à l’insu de son partenaire. Des études additionnelles sont nécessaires afin de déterminer les risques d’infection si le condom ne reste pas en place, s’il glisse au moment de retirer le pénis ou si le pénis n’est pas inséré directement dans la gaine.

    Les condoms féminins sont coûteux et on ne peut pas s’en procurer aussi facilement que les condoms masculins. La plupart des organismes de lutte contre le sida distribuent des condoms masculins gratuitement, mais ils n’offrent pas de condoms féminins. Certains services de santé publique, mais pas tous, distribuent des condoms féminins sans frais; téléphonez aux services de santé publique dans votre localité pour savoir s’ils en distribuent.

    Microbicides

    Des recherches sont actuellement en cours afin de mettre au point une substance qui permet aux femmes de réduire, de façon active, leurs risques d’infection au VIH. Il est important de noter qu’une telle substance n’a pas encore été approuvée et qu’elle n’est pas encore disponible. Ces substances sont connues sous l’appellation de microbicides. Il s’agit de produits chimiques qui neutralisent le VIH et autres MTS, qui peuvent être préparés sous différentes formes : gels, crèmes, suppositoires, éponges ou pellicules, tout comme les produits utilisés avec les diaphragmes. On les applique directement dans le vagin ou le rectum avant la relation sexuelle.

    Idéalement, les microbicides devraient être incolores et inodores; efficaces pour prévenir le VIH ainsi que d’autres MTS; permettre à une femme de tomber enceinte si elle le désire; peu coûteux et très facilement disponibles6 . Des études additionnelles s’imposent afin de mesurer les risques et les effets sur le foetus. Les femmes doivent actuellement prendre des décisions relativement aux traitements, pour elles-mêmes et leurs enfants, sans disposer de toute l’information nécessaire pour le faire7 .

    1. Santé Canada. Actualités en épidémiologie sur le VIH-sida : Le sida et l’infection à VIH au Canada. Bureau du VIH-sida, des MTS et de la tuberculose, LLCM, 1999.
    2. Programme commun des Nations Unies sur le VIH-sida (ONUSIDA) : Le point sur l’épidémie de sida : décembre 1999.
    3. Société canadienne du sida; Guide pratique de la Campagne nationale de sensibilisation au sida 1998-1999 : Module 2-20
    4. Santé Canada, Unité d’éducation et de prévention en matière de sida. Faits sur le sida et l’infection à VIH chez la femme et l’enfant. Ottawa, 1994.
    5. L. Leonard, Epidemiological Update and HIV and Women Who Use Injection Drugs, Université d’Ottawa, Département d’épidémiologie et de médecine communautaire, 1999.
    6. Programme commun des Nations Unies sur le VIH-sida : Update on Female-Controlled Methods for HIV and STD Prevention, Genève, 22 juin 1999.
    7. Cette information a été fournie par le Réseau communautaire d’info-traitements sida (CATIE). Pour plus d’information, communiquez avec CATIE au 1-800-263-1638: Motherisk Study : 7/22/99.




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Date: 03/01/2000