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La Journée de la justice pour les prisonniers - le 10 août


Quelle est la raison d’être de la Journée de la justice pour les prisonniers?

Le consensus général quant à la raison d’être de la Journée de la justice pour les prisonniers est qu’il s’agit d’une journée de deuil, de souvenir, de plaidoyer et de protestation. C’est l’occasion pour les détenus de pleurer la perte de consœurs et confrères détenus qui ont perdu la vie pendant leur incarcération; et c’est le moment pour les militants de mettre au jour certains cas d’injustice et d’abus de droits qui ont cours en prison.

Les revendications des militants incluent l’accès à des soins de santé adéquats, une représentation légale juste en prison, et la dénonciation de conditions inhumaines en cellules de ségrégation, souvent appelées « unités spéciales de détention », où l’on place les détenus lorsque des problèmes de discipline empêchent de les loger en établissement à sécurité maximale.

Ce qui a commencé comme un événement unique à l’Établissement de Millhaven est devenu une journée internationale de solidarité. Le 10 août, des détenus du monde entier font un jeûne, refusent de travailler et restent dans leurs cellules, tandis qu’à l’extérieur, nous leur témoignons notre solidarité dans cette lutte, en montrant qu’ils ne sombrent pas dans l’oubli et en attirant l’attention sur leurs conditions de détention.

Quels événements tragiques ont conduit à créer la Journée de la justice pour les prisonniers?

Plusieurs histoires d’espoir, de courage et de détermination naissent de circonstances difficiles, voire tragiques. C’est le cas de la Journée de la justice pour les prisonniers : les décès d’Edward Nalon, le 10 août 1974, et de Robert Landers, en mai 1976 – tous deux dans l’unité de ségrégation de l’Établissement de Millhaven – semblent en être l’origine. Le récit de leur mort témoigne d’attitudes d’extrême apathie, d’indifférence, de négligence et d’inhumanité de la part du système carcéral.

Qui a initié la Journée de la justice pour les prisonniers?

Les détenus de l’Établissement de Millhaven ont souligné le premier anniversaire du décès d’Edward Nolan, le 10 août 1975, par une journée de jeûne et de deuil. Un an plus tard, la date de la Journée de la justice pour les prisonniers était officiellement consacrée.

La création et la promotion de cette Journée sont principalement attribuées au Groupe Odyssey, formé en 1976 par Howie Brown à l’Établissement de Millhaven. L’Odyssey était un groupe novateur qui défendait les intérêts des détenus aux chapitres de la réforme carcérale et de l’éducation du public. Son bulletin d’information, publié pour la première fois en 1978, abordait des thèmes d’actualité comme « les unités spéciales de détention », « le pouvoir et le contrôle exercés par les gardiens de prison », « l’absurdité de la réhabilitation », « la justice sociale à deux vitesses au Canada », et « le suicide et la mort ».

Pourquoi la Journée de la justice pour les prisonniers est-elle importante?

On ne peut saisir pleinement l’importance de cette Journée sans comprendre que les droits humains fondamentaux que nous prenons souvent pour acquis sont l’objet d’une lutte quotidienne pour les détenus. Des droits comme celui à une éducation et une formation utiles, à une attention médicale adéquate, ou à un procès juste, ne sont que quelques exemples d’éléments de conflit entre les détenus et les autorités carcérales. Sans les efforts inlassables de regroupements comme l’Odyssey, même le droit de pleurer la perte de pairs détenus ne serait peut-être pas officiellement reconnu.

Les détenus peuvent aujourd’hui célébrer la Journée de la justice pour les prisonniers sans craindre de représailles de l’administration ou d’employés de leur établissement.

Quelles leçons peut-on tirer de cette Journée?

L’inaction devant des problèmes personnels ou sociaux est probablement la pire faute que l’on peut commettre, autant pour soi et que pour autrui. Chaque vie a une immense valeur. L’injustice à l’égard de quiconque, où que ce soit, nécessite une réponse proactive et empreinte de compassion. La compassion implique aussi le deuil – un droit qui appartient à tous.

Les efforts du Groupe Odyssey montrent que même en situation de répression et de crainte, il y a de l’espoir et il est possible d’organiser une réponse proactive, positive et solide. De tels efforts, accompagnés d’une sincère compassion, de détermination et d’un éternel optimisme, peuvent transformer toute tragédie en occasion de changement durable.

Texte adapté d’un article de Terry Harris, accessible à www.encouragementcorner.com/PJD%202004.php

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Date: 07/07/2005