Vous êtes ici : Prévention / Activités sexuelles / Questions sociales / Renseignements concernant des populations précises / Transmission hétérosexuelle

Hommes hétérosexuels et VIH/sida

Les enjeux :

    • On encourage les hommes à prendre des risques susceptibles de mettre leur santé en danger et d’augmenter les possibilités de contracter le VIH et d’autres maladies transmissibles sexuellement.
    • Au Canada, une étude de 1995 indiquait que seulement 22 % des hommes utilisaient le condom.
    • Le taux canadien d’utilisation du condom par les hommes est l’un des plus faibles du monde industrialisé.
Les différents rôles assignés aux hommes et aux femmes dans notre société se reflètent dans leurs comportements et leurs attitudes. Les normes sociales, l’éducation, les pairs et les médias socialisent les hommes pour qu’ils répondent à des normes de masculinité qui les distinguent des femmes. En général, on encourage les hommes à être forts, compétitifs, sûrs d’eux-mêmes, dominants, autonomes et prêts à prendre des risques1. Lorsque ces modes de pensée et d’action s’expriment par des attitudes à l’égard du sexe et du comportement sexuel, ils accroissent souvent le risque des hommes de contracter et de transmettre le VIH/sida.

Les principaux modèles de comportement qui placent les hommes hétérosexuels face à un risque accru de contracter le VIH/sida sont les partenaires multiples les rapports sexuels non protégés et l’utilisation des drogues injectables.

Les hommes hétérosexuels ont en général un plus grand nombre de partenaires que les femmes hétérosexuelles2. Ceci est partiellement dû au fait qu’il est socialement plus acceptable pour les hommes que pour les femmes d’être actifs sur le plan sexuel3. Les hommes peuvent même tirer un statut (« étalon ») de leurs nombreuses conquêtes sexuelles, tandis que les femmes qui ont le même comportement s’attirent la réprobation de (« salope »).

Les hommes hétérosexuels mariés sont plus susceptibles que leurs conjointes d’avoir des relations extra-conjugales. Les études estiment qu’entre la moitié et les deux tiers des hommes mariés ont au moins une aventure, comparativement à entre un tiers et la moitié des femmes mariées4.

Avoir de multiples partenaires accroît le risque d’infection de maladies transmises sexuellement (MTS) et de VIH/sida. Le sécurisexe réduit ces risques, toutefois de nombreux hommes n’y ont pas recours.

Des études indiquent qu’une vaste proportion d’hommes n’utilise pas le condom de façon régulière. Par exemple, une étude américaine de 1992 révélait que 46 % d’un échantillon d’hommes célibataires hétérosexuels de San Francisco n’utilisaient jamais de condoms. Une autre étude menée en 1998 mentionnait que 33 % des adolescents hétérosexuels masculins n’utilisaient pas de condoms.

Au Canada, une étude menée en 1995 indiquait que seulement 22 % des hommes utilisaient le condom. Les jeunes hommes et les hommes célibataires étaient plus susceptibles d’utiliser le condom que les hommes plus âgés et mariés (ou déjà mariés). Mais le taux canadien d’utilisation du condom par les hommes est l’un des plus faibles du monde industrialisé5.

Au nombre des raisons invoquées pour ne pas utiliser le condom, on compte la gêne de s’en procurer (même d’une distributrice) et la conviction selon laquelle ils réduisent la sensibilité et le plaisir. En outre, les condoms sont associés non seulement à la prévention de la maladie mais aussi à la contraception, et nombre d’hommes hétérosexuels croient que les condoms sont inutiles si leur partenaire utilise un contraceptif comme la pilule. De plus, des hommes qui utilisent le condom régulièrement ne le portent pas en certaines occasions.

Les chances sont moindres de changer la tendance des hommes à avoir de multiples relations sexuelles que de les persuader d’avoir des rapports protégés. Mais les campagnes d’éducation sexuelle doivent se poursuivre. Des études indiquent que l’utilisation du condom a baissé parce que les hommes se sont habitués aux campagnes favorisant les rapports sexuels à risques réduits qui étaient à l’avant-plan lorsque le VIH/sida est devenu un enjeu clé de la santé publique, à la fin des années 1980.

Des études ont révélé que l’éducation en matière de santé sexuelle peut parvenir à retarder la première relation sexuelle, à augmenter l’utilisation du condom lors de cette première relation et à accroître l’utilisation de condom lors des relations sexuelles suivantes. Des recherches canadiennes ont également confirmé que la majorité des parents sont en faveur de l’éducation sexuelle dans les écoles. Cependant, malgré ces résultats, un rapport de Santé Canada indique que la moyenne des heures consacrées à l’éducation sexuelle est très faible (entre 2 heures et 2 heures et demie) et que les écoles n’exigent pas toutes que l’éducation sur la prévention du VIH soit incluse dans le programme. Les parents et les citoyens doivent s’interroger sur la qualité et la quantité de l’éducation sexuelle offerte dans les écoles7.

Ces modèles de comportement s’aggravent encore du fait que les hommes ont tendance à moins se préoccuper des questions de santé que les femmes8. Les hommes sont moins enclins que les femmes à consulter un médecin régulièrement et nombre d’entre eux hésitent à solliciter un avis professionnel même lorsqu’ils croient avoir un problème. Cela reflète leur sentiment d’autosuffisance et le fait qu’ils croient ne pas avoir besoin d’aide. Ce qui fait que bien des hommes ne savent pas qu’ils ont une MTS ou le VIH/sida parce qu’ils ne subissent pas de test de dépistage.

Il faut encourager les hommes à comprendre et à assumer les conséquences de leur comportement sexuel, pour eux-mêmes et leurs partenaires. Un soutien par les pairs pourrait permettre aux hommes de se sentir plus à l’aise au moment de discuter des questions se rapportant à leur vie sexuelle et à leurs relations personnelles.

Diverses précautions peuvent être prises pour prévenir l’infection à VIH. On peut notamment utiliser un nouveau condom lors de chaque rapport sexuel; les utilisateurs de drogues injectables peuvent aussi utiliser des aiguilles et autre matériel d’injection stériles.

Le société doit aussi prendre certaines responsabilités car elle encourage les hommes à se conduire de façons considérées « viriles » ou « masculines », mais qui sont dangereuses pour eux-mêmes et les autres. On devrait plutôt encourager des comportements plus sécuritaires et plus responsables.

Pour obtenir plus d’information sur la façon de prévenir l’infection à VIH, communiquez avec la Société canadienne du sida au 1-800-499-1986 ou consultez notre site Web à www.cdnaids.ca.


    1. Men & AIDS - A Gendered Approach, Campagne mondiale du sida 2000. ONUSIDA, 2000. P. 6.
    2. Idem P.5
    3. Idem P. 8
    4. Lawson, A. Adultery, An Analysis of Love and Betrayal. New York. Basic Books, 1988.
    5. Enquête sociale générale, 1999, Statistique Canada, 1995
    6. Men & AIDS - A Gendered Approach, Campagne mondiale du sida 2000. ONUSIDA, 2000. P. 9.
    7. Schools, Public Health, Sexuality and HIV: A Status Report (1999). Conseil des ministres de l’éducation, Toronto.
    8. Men & AIDS - A Gendered Approach, Campagne mondiale du sida 2000. ONUSIDA, 2000. P. 1.

Hommes hétérosexuels et VIH/sida. © Société canadienne du sida. Publié le 07/30/2009. Mise à jour 03/24/2011. Consulté 05/21/2013. <>